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 La clef de l’ Agoraphobie - Chapitre 3

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FABISSI
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MessageSujet: La clef de l’ Agoraphobie - Chapitre 3   La clef de l’ Agoraphobie - Chapitre 3 EmptyMer 1 Fév - 20:17

Citation :
Voici le chapitre le plus important de :
“Se libérer de l’agoraphobie ».

C’est la réponse à la question :

« Pourquoi certaines personnes deviennent agoraphobiques ? »

C’est arrivé de cette manière. A l’époque, lorsque nous avons commencé à traiter l’Agoraphobie, il était de pratique de procéder à une évaluation psychiatrique complète de tous les nouveaux patients. Une partie de cette évaluation consistait à revenir sur l’histoire entière de la vie de chaque personne. Cela signifiait passer autant d’heures que nécessaire à revenir sur ce qui était arrivé aux individus, quelles avaient été leurs réactions, et qu’est ce que ces personnes avaient faits et dans quel sens, tout au long de leur vie.

Après avoir longtemps appris sur ces histoires de vie d’ agoraphobiques, a commencé à apparaître ce que ces personnes avaient en commun. Et de cela a émergée une remarquable découverte- Quelles sont les origines de l’Agoraphobie !

Donc, voici le résultat de ces longues heures d’études sur la vie des agoraphobiques. Il se peut que vous ne vous reconnaissiez pas directement tout de suite. Dans ce cas, les futurs chapitres vous y aideront. Bonne lecture et bon courage!

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MessageSujet: Re: La clef de l’ Agoraphobie - Chapitre 3   La clef de l’ Agoraphobie - Chapitre 3 EmptyMer 1 Fév - 20:21

Chapitre 3- La clef de l’ Agoraphobie



NOTE IMPORTANTE DE L’AUTEUR
CE DOCUMENT A UNIQUEMENT UN CONTENU EDUCATIONNEL ET NE PEUT ETRE CONSIDERE COMME UNE ALTERNATIVE AUX TRAITEMENTS MEDICAUX EXISTANTS



Voici la clef qui dévérouille la porte de la vie sans agoraphobie : c’est le mot « piège ».
Nous développons des attaques de panique quand nous sommes piégés dans nos vies.
Nous cessons d’avoir des attaques de panique lorsque nous nous échappons de ces pièges.
Nous rentrons et sortons de ces périodes d’ attaques de panique, comme nous rentrons et sortons de périodes où nous sommes pris au piège dans nos vies.

C’est aussi simple que ça.

C’est pour cela que les personnes auront des attaques de panique pendant un certain nombre d’années, puis apparemment passent au-dessus. A leur grande déception les attaques de panique reviennent après que plusieurs années se soient écoulées, apparemment sans raison. Mais il y a une raison. Si nous regardons ce qui s’est passé dans la vie de cette personne, nous trouverons qu’elle était dans un piège quand son attaque de panique a commencé, puis est sortie de ce piège lui permettant d’aller mieux et d’une certaine manière de retomber dans un autre piège provoqué par le retour du précédent

Mais qu’est-ce qu’un piège ?

Un piège c’est lorsque nous sommes dans une situation où l’on ne voudrait pas être et pour laquelle nous ne voyons pas d’issue acceptable. En relisant cette phrase vous comprendrez que celle-ci contient toutes sortes d’indices pour une solution à l’agoraphobie.

Les pièges peuvent être gros ou petit. Ils peuvent durent des minutes ou des années. Ils peuvent avoir une issue évidente ou il est impossible d’en trouver l’issue. Ils peuvent être internes aux agoraphobiques ou peuvent impliquer toute sorte de circonstances et personnes extèrieures.

Regardons en quelques-uns:

Voici un exemple commun qui peut durer des dizaines d’années ou tout le long d’une vie.

Sylvia grandit avec un père qui l’abuse sexuellement et sa mère qui boit refuse d’admettre ce qui se passe. Sylvia a une amie qui a eu le même problème avec son propre père, mais celle-ci a informée son professeur. Son père a alors été emprisonné. Maintenant, l’amie de Sylvia est blâmée par toute sa famille pour le fait qu’ils ont dus demander de l’aide aux services sociaux. Ils n’ont plus autant de choses que lorsque leur père leur ramenait un salaire. Sylvia ne souhaite certainement pas avoir sa famille fâchée contre elle. Mais d’un autre côté, le week-end arrive, et c’est lorsque sa mère sort boire et que son père rentrera dans sa chambre. Le résultat? Sylvia a une attaque de panique. (Pas surprenant, hein?)
A 17 ans, Sylvia s’accroche à sortir du piège de sa maison en quittant l’école et se marier avec son petit ami stable, Darrell. Les attaques de panique de Sylvia disparaissent, et il semble que ses problèmes soient finis. Elle devient enceinte et a une très jolie petite fille.

Mais l’entreprise de Darrell fait faillite et il perd son travail. Au fur et à mesure que les mois passent Darrell est incapable de trouver un autre emploi, et devient irascible. Il commence à rester dehors la nuit et revient à la maison sentant l’alcool. Quand Sylvia commence à lui dire que l’argent serait mieux dépensé dans les factures que dans l’alcool, Darrell voit rouge et la frappe. Bientôt, la boisson, les disputes et les abus physiques deviennent place commune dans la vie de Sylvia. Et elle ne voit pas d’issue.

Darrell lui a dit que si elle le quittait, il la trouverait et la tuerait. (Il lui fit une démonstration en la frappant à la figure). Dans tous les cas, Sylvia ne voit pas comment elle pourrait subvenir à ses besoins et à ceux de sa fille. Elle n’a aucun diplôme pour trouver un travail.
Un soir, elle s’assied dans sa chambre attendant le retour de Darrell du bar, sachant qu’une dispute et des violences viendront avec. Dans son esprit, elle se débat pour trouver une solution mais bute toujours dans les mêmes murs. Darrell ne peut trouver un travail. L’économie est mauvaise. Il n’a pas de formation pour un travail spécialisé. Il n’arrêtera pas de boire. Il n’y a aucune manière d’éviter une bagarre quand il rentrera à la maison. Même si elle ne lui dit rien, ça le rendra fou. Mais où pourrait elle aller? Et elle n’a pas d’argent. Et Darrell a dit qu’il la tuerait. Et le bébé a besoin de choses…et…et…

Elle reste assise en désespoir, attendant le son de la voiture dans l’allée.

Le lendemain, Sylvia et son cocard sont au supermarché. Elle est coincée dans la file d’attente de la caisse. Le bébé devient fatigué et irritable. Il fait chaud et les lumières fluorescentes la dérangent. Mais elle ne peut partir, elle a besoin des couches, de nourriture et d’autres articles de sa liste de courses. Désespérément elle pense « Pourquoi n’appellent t’ils pas une autre caissière ? »
Il y a seulement une seule file et la caissière est sans aucun doute une amie de cette femme âgée qui attend. Les deux discutent et la caissière interrompt sans cesse la femme âgée pendant qu’elle remplit son chèque. La queue n’avance pas. Il n’y a pas d’issue. La chaleur et la lumière commencent à gêner considérablement Sylvia. Elle se sent mal à l’aise, transpire. Son cœur commence à s’accélérer. Soudain Sylvia ressent qu’elle a une grosse attaque de panique. C’est la première depuis deux ans.

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MessageSujet: Re: La clef de l’ Agoraphobie - Chapitre 3   La clef de l’ Agoraphobie - Chapitre 3 EmptyMer 1 Fév - 20:24

Naturellement , Sylvia peut maintenant facilement développer un schéma d’évitement pour les supermarchés. La prochaine fois qu’elle y retournera, elle se souviendra de son attaque et commencera à se sentir anxieuse à la pensée d’y retourner. Si néanmoins elle y retourne il se peut qu’elle ait une autre attaque, en particulier si elle reste coincée dans la file d’attente.
Elle peut croire que ces attaques sont le résultat de rester bloquée dans la situation du supermarché. D’une certaine manière elle aurait raison, mais avec une vision plus large, Sylvia aura des attaques de panique à un endroit ou à un autre. Elle pourra même en avoir chez elle tant qu’elle ne sera pas sortie du piège où elle est avec Darrell. Si ce piège continue durant des années, ses attaques suivront.

Souvent, les attaques de panique servent indirectement à améliorer cette situation de piège. Par exemple, Sylvia pourrait aller consulter un docteur ou un conseiller qui pourraient l’aider à trouver des issues à cette situation de mariage abusif. Ou Darrell pourrait aussi se sentir un peu mieux, maintenant que sa femme a besoin de lui pour aller dans des endroits comme le supermarché. Donc le retour de l’agoraphobie de Sylvia pourrait rendre leur mariage un peu moins déplaisant pour eux deux. Mais même si cela arrivait, tant que Sylvia est dans son piège, elle aura des attaques de panique. Et quand elle se libèrera de ce piège, elle se libèrera de ses attaques. ( Nous verrons comment dans un prochain chapitre).

Portons notre attention sur d’autres pièges:

La « petite ligue des Mamans » présente un autre genre de situation que j’ai souvent rencontré. Elle habite une jolie maison dans une jolie ville, a un mari attentionné et un enfant sportif de 14 ans. Son fils était une vedette locale dans son équipe sportive, et son équipe fut championne nationale plus d’une fois. (Cela semble pour l’instant très joli jusqu’au moment où vous apprendrez que pour elle, cela signifiait ne pas avoir de vie)

La famille entière se concentrait autour des activités sportives de leur fils. La famille voyageait à chaque match qui se déroulait souvent dans d’autres états et au Canada. Maman devait s’occuper d’ empaqueter toutes les affaires y compris celles du Papa car on ne pouvait même pas compter sur lui pour s’occuper des maillots de match. (Serait-il surprenant d’entendre qu’elle décrivait souvent Papa comme « Juste avoir un autre enfant ? »)
Elle empaquetait tous les vêtements de chacun pour le voyage, pareil pour la nourriture, s’occupait des cartes routières, s’arrangeait pour le courrier, appelait la police pour qu’elle garde un oeil sur la maison pendant leur absence.
Toutes les mamans de l’équipe cuisinaient pour l’équipe et pour les Papas. Elle devait aussi conduire son enfant tous les jours aux entraînements, participer aux réunions de l’équipe, récolter des fonds pour les tenues. Et en conclusion? La plupart de son temps était dévoué aux activités de l’équipe. Elle était prête à crier.

Pourquoi ne pas abandonner? Eh bien, aurait-elle été capable de se dresser devant ses amies et être la seule maman qui ne prenait pas assez soin de son enfant, qui ne le soutenait pas dans ses efforts et succès sportifs ? Certainement pas!

Le résultat-------Attaques de panique (nous verrons également plus tard comment elle aussi a résolu son problème).

Une autre personne avec un piège évident était Audrey qui a récemment mis sa mère dans une maison de convalescence à cause d’une hanche cassée. Elle ne l’a fait qu’après de longues réticences après avoir épuisé toutes les possibilités. Elle était réticente parce qu’elle avait entendue toutes sortes d’histoires horribles sur les maisons de convalescence. On négligeait les gens, on leur donnait les mauvais médicaments, personne ne venait quand ils appelaient, certains patients étaient abusés ou ils restaient allongés pendant des heures, jusqu’à des jours entiers, sans que personne ne les remarque. Et Audrey savait que certaines personnes mourraient après s’être cassée la hanche.

Néanmoins, les besoins de sa mère étaient tels qu’Audrey ne pouvait faire face chez elle. Et il n’y avait personne d’autre pour fournir ces soins. Finalement arriva l’inévitable, la mère d’Audrey fut admise. Sa peur était tellement grande qu’Audrey passait toute sa journée aux cotés de sa mère, s’assurant qu’aucun de ces désastres n’arrive. Le mari d’Audrey et ses enfants furent obligés de se débrouiller tout seuls, chose qu’ils eurent du mal à accepter. Le personnel de l’hôpital aussi se plaignait qu’Audrey les rendait fous (ce qu’elle faisait). Il la pressait ardemment pour rentrer chez elle.

Mais Audrey pouvait difficilement déculpabiliser d’avoir mis sa mère dans un tel endroit et persuadée que sa mère tomberait si elle n’était pas là pour l’empêcher.

Résultat ?- Attaques de panique ( plus sur Audrey plus tard).

Enfin, saviez-vous qu’un mauvais trip de drogue est en fait une attaque de panique?
Qui est causée par le même chose qu’avant : UN PIEGE. Voilà comment ça se passe :
Cody et ses amis décident de prendre de l’acide (LSD). Une demie-heure plus tard, Cody profite joyeusement des couleurs bizarres, des formes et des autres hallucinations qu’il peut avoir. A un moment, une pensée arrive « Ce ne serait pas géant si cela durait tout le temps ? » suivie de l’angoisse « Comment sais-tu que ce ne sera pas le cas ? ».
Cody a entendu des histoires comme quoi les gens qui prenaient du LSD avaient des hallucinations permanentes. Pour se rassurer, Cody se concentre sur une image dans la chambre, essayant de la rendre normale. Mais celle-ci semble se déformer et bouger- devenant grande et petite. Ca a une forme bizarre- mais plus un rectangle.

Cela contribue à augmenter ses inquiétudes sur le fait que ses hallucinations ne partiront pas. Il essaie plus durement de s’en débarrasser, mais celles-ci restent, malgré ses efforts. Il sent qu’il doit arrêter d’être dans son trip d’acide mais il n’y aucune manière de l’arrêter. Il devient effrayé. Sa peur se transforme en lumières dansantes et animaux venant vers lui. Cody panique. Son cœur fait la course, son torse brûle. Il ne semble pas être capable de prendre assez d’air- la chambre est trop petite et il n’y a pratiquement plus d’air. Il doit courir avant qu’il ne suffoque. Mais ses genoux semblent faibles et incapables de le supporter. Il doit sortir mais il ne peut pas….

En effet, la plupart des mauvais « trips » provoqués par des hallucinogènes sont en fait des attaques de panique. Celles-ci sont provoquées en général par le même piège- Chaque fois, les personnes sont convaincues qu’elles doivent stopper d’expérimenter les effets de la drogue, mais ils n’ont pas d’autres choix que de devoir les supporter durant des heures, le temps que les effets de la drogue se dissipent.
Souvent, cela est déclenché par des expériences non voulues comme des hallucinations désagréables, on se sent alors hors de contrôle et angoissé de « devenir fou ». Ainsi, l’état d’intoxication du à la drogue qui semblait au départ souhaité devient intensément indésirable.

Et cela nous ramène autour de notre définition de départ du piège: lorsque nous sommes dans une situation où l’on ne voudrait pas être et pour laquelle nous ne voyons pas d’issue acceptable.
Si cette situation n’avait pas été indésirable, Cody aurait expérimenté joyeusement les effets de la drogue et n’aurait pas eu d’ attaques de panique. En effet, faire redescendre les gens de mauvais trips de drogues consistait (très commun dans les années 70 et 80) à les persuader de ne pas résister aux effets de la drogue. Ils étaient à la place encourager à simplement laisser l’expérience se dérouler jusqu’à sa fin.

AINSI, LE PIEGE CESSAIT D’EN ETRE UN, PARCE QU’ILS AVAIENT CHANGE LA PREMIERE MOITIE DE L’EQUATION- LE DESIR DE S’ECHAPPER.

Une de mes premières patientes a traversé différentes étapes en thérapie dans l’apprentissage des pièges. Au début, elle a appris quel était son principal piège (appelons le, le “piège de sa vie”car c’est le piège dans lequel toute sa vie était emprisonnée). Avec beaucoup de difficultés, elle a réussi à en sortir. Après cela elle a traversé un moment avec des bonnes et des mauvaises semaines. Depuis que nous avons su qu’elle n’était plus dans le “piège de sa vie”, la diminution des attaques de panique a signifié qu’elle était rentrée dans de petits pièges quotidiens.
"Comment as-tu été piégé aujourd’hui?” lui demandais-je. « Je n’ai pas été piégé” avait-elle l’habitude de répondre au début. « Les attaques de panique sont juste arrivent à n’importe quel moment"

Il était alors nécessaire de procéder à l’analyse de la semaine, jour après jour. Qu’avait-elle fait Lundi ? Avait-elle voulu faire ce qu’elle avait fait ? Avait-elle fait des plans pour lesquels elle était très mal à l’aise ? S’était-elle permise à elle-même d’être poussée dans un engagement ou être allée quelque part où elle avait vraiment souhaité s’échapper? Avait-elle des gros ressentiments sur quelque chose? Sentiments qu’elle ne pouvait ou ne devait ressentir et exprimer ?
Et Mardi? Non? Pas de pièges? Et Mercredi?…

Un jour ou l’autre nous aurions découvert de quoi il s’agissait. Ensuite nous aurions découvert une issue à ce piège et l’attaque de panique aurait stoppée. Et la fois prochaine où elle serait venue en ayant une mauvaise semaine, nous aurions recommencé le même processus, encore et encore. Mais à chaque fois elle en apprenait un peu plus sur ses pièges, où ils étaient et comment en sortir. Et elle apprit ce qu’était vrai pour elle était vraiment.

Cela n’a pas pris beaucoup de temps avant qu’elle ne vienne en ayant une mauvaise semaine et je pouvais simplement demander: “Alors comment as-tu été piégée?” Elle en savait assez pour être capable d’examiner elle-même sa semaine et de trouver quel était le piège et comment gérer au mieux cette situation. Nous étions alors proche du point final de notre traitement. Après cela, quand elle avait des attaques de panique, elle se demandait: “ Comment me suis-je mise dans ce piège ? » Et elle pouvait s’en rendre compte elle-même . Elle franchissa la dernière marche quand elle développa la capacité à « voir un piège arriver »- elle ne se serait pas autorisée à se mettre dans une situation qui se serait avérée un piège pour elle.

Et puis ensuite ? Succès ! Plus d’attaques de panique! Qu’est-ce que vous en dites ?

Plus à venir dans les futurs chapitres sur comment identifier et sortir de pièges.

Je vous souhaite paix et progrès.

Mark Eisenstadt, M.

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MessageSujet: Bonjour et merci de me lire   La clef de l’ Agoraphobie - Chapitre 3 EmptyMer 4 Juin - 18:38

Bonjour et merci de me lire.
Je suis un H de 60 ans? Je vis avec cette agoraphobie depuis presque vingt ans. Je ne voyage plus du tout. Je ne peux que conduire ma voiture sur une vingtaine de km...et encore, pas tous les jours.
J'ai lu avec intérêt ce texte ci dessous qui présente les "pièges". J'aimerais en savoir plus : y a til d'autres chapitres consultables ?  Merci de votre éventuelle réponse à ce message. Au revoir. JL


FABISSI a écrit:
Naturellement , Sylvia peut maintenant facilement développer un schéma d’évitement pour les supermarchés. La prochaine fois qu’elle y retournera, elle se souviendra de son attaque et commencera à se sentir anxieuse à la pensée d’y retourner. Si néanmoins elle y retourne il se peut qu’elle ait une autre attaque, en particulier si elle reste coincée dans la file d’attente.
Elle peut croire que ces attaques sont le résultat de rester bloquée dans la situation du supermarché. D’une certaine manière elle aurait raison, mais avec une vision plus large, Sylvia aura des attaques de panique à un endroit ou à un autre. Elle pourra même en avoir chez elle tant qu’elle ne sera pas sortie du piège où elle est avec Darrell. Si ce piège continue durant des années, ses attaques suivront.

Souvent, les attaques de panique servent indirectement à améliorer cette situation de piège. Par exemple, Sylvia pourrait aller consulter un docteur ou un conseiller qui pourraient l’aider à trouver des issues à cette situation de mariage abusif. Ou Darrell pourrait aussi se sentir un peu mieux, maintenant que sa femme a besoin de lui pour aller dans des endroits comme le supermarché. Donc le retour de l’agoraphobie de Sylvia pourrait rendre leur mariage un peu moins déplaisant pour eux deux.  Mais même si cela arrivait, tant que Sylvia est dans son piège, elle aura des attaques de panique. Et quand elle se libèrera de ce piège, elle se libèrera de ses attaques. ( Nous verrons comment dans un prochain chapitre).

Portons notre attention sur d’autres pièges:

La « petite ligue des Mamans » présente un autre genre de situation que j’ai souvent rencontré. Elle habite une jolie maison dans une jolie ville, a un mari attentionné et un enfant sportif de 14 ans. Son fils était une vedette locale dans son équipe sportive, et son équipe fut championne nationale plus d’une fois. (Cela semble pour l’instant très joli jusqu’au moment où vous apprendrez que pour elle, cela signifiait ne pas avoir de vie)
 
La famille entière se concentrait autour des activités sportives de leur fils. La famille voyageait à chaque match qui se déroulait souvent dans d’autres états et au Canada. Maman devait s’occuper d’ empaqueter toutes les affaires y compris celles du Papa car on ne pouvait même pas compter sur lui pour s’occuper des maillots de match. (Serait-il surprenant d’entendre qu’elle décrivait souvent Papa comme « Juste avoir un autre enfant ? »)  
Elle empaquetait tous les vêtements de chacun pour le voyage, pareil pour la nourriture, s’occupait des cartes routières, s’arrangeait pour le courrier, appelait la police pour qu’elle garde un oeil sur la maison pendant leur absence.
Toutes les mamans de l’équipe cuisinaient pour l’équipe et pour les Papas. Elle devait aussi conduire son enfant tous les jours aux entraînements, participer aux réunions de l’équipe, récolter des fonds pour les tenues. Et en conclusion? La plupart de son temps était dévoué aux activités de l’équipe. Elle était prête à crier.
 
Pourquoi ne pas abandonner? Eh bien, aurait-elle été capable de se dresser devant ses amies et être la seule maman qui ne prenait pas assez soin de son enfant, qui ne le soutenait pas dans ses efforts et succès sportifs ? Certainement pas!  

Le résultat-------Attaques de panique (nous verrons également plus tard comment elle aussi a résolu son problème).

Une autre personne avec un piège évident était Audrey qui a récemment mis sa mère dans une maison de convalescence à cause d’une hanche cassée. Elle ne l’a fait qu’après de longues réticences après avoir épuisé toutes les possibilités. Elle était réticente parce qu’elle avait entendue toutes sortes d’histoires horribles sur les maisons de convalescence. On négligeait les gens, on leur donnait les mauvais médicaments, personne ne venait quand ils appelaient, certains patients étaient abusés ou ils restaient allongés pendant des heures, jusqu’à des jours entiers, sans que personne  ne les remarque. Et Audrey savait que certaines personnes mourraient après s’être cassée la hanche.

Néanmoins, les besoins de sa mère étaient tels qu’Audrey ne pouvait faire face chez elle. Et il n’y avait personne d’autre pour fournir ces soins. Finalement arriva l’inévitable, la mère d’Audrey fut admise. Sa peur était tellement grande qu’Audrey passait toute sa journée aux cotés de sa mère, s’assurant qu’aucun de ces désastres n’arrive. Le mari d’Audrey et ses enfants furent obligés de se débrouiller tout seuls, chose qu’ils eurent du mal à accepter. Le personnel de l’hôpital aussi se plaignait qu’Audrey les rendait fous (ce qu’elle faisait). Il la pressait ardemment pour rentrer chez elle.    

Mais Audrey pouvait difficilement déculpabiliser d’avoir mis sa mère dans un tel endroit et persuadée que sa mère tomberait si elle n’était pas là pour l’empêcher.  

Résultat ?- Attaques de panique ( plus sur Audrey plus tard).
 
Enfin, saviez-vous qu’un mauvais trip de drogue est en fait une attaque de panique?
Qui est causée par le même chose qu’avant : UN PIEGE. Voilà comment ça se passe :
Cody et ses amis décident de prendre de l’acide (LSD). Une demie-heure plus tard, Cody profite joyeusement des couleurs bizarres, des formes et des autres hallucinations qu’il peut avoir. A un moment, une pensée arrive « Ce ne serait pas géant si cela durait tout le temps ? » suivie de l’angoisse « Comment sais-tu que ce ne sera pas le cas ? ».
Cody a entendu des histoires comme quoi les gens qui prenaient du LSD avaient des hallucinations permanentes. Pour se rassurer, Cody se concentre sur une image dans la chambre, essayant de la rendre normale. Mais celle-ci semble se déformer et bouger- devenant grande et petite. Ca a une forme bizarre- mais plus un rectangle.

Cela contribue à augmenter ses inquiétudes sur le fait que ses hallucinations ne partiront pas. Il essaie plus durement de s’en débarrasser, mais celles-ci restent, malgré ses efforts. Il sent qu’il doit arrêter d’être dans son trip d’acide mais il n’y aucune manière de l’arrêter. Il devient effrayé. Sa peur se transforme en lumières dansantes et animaux venant vers lui. Cody panique. Son cœur fait la course, son torse brûle. Il ne semble pas être capable de prendre assez d’air- la chambre est trop petite et il n’y a pratiquement plus d’air. Il doit courir avant qu’il ne suffoque. Mais ses genoux semblent faibles et incapables de le supporter. Il doit sortir mais il ne peut pas….

En effet, la plupart des mauvais « trips » provoqués par des hallucinogènes sont en fait des attaques de panique. Celles-ci sont provoquées en général par le même piège- Chaque fois, les personnes sont convaincues qu’elles doivent stopper d’expérimenter les effets de la drogue, mais ils n’ont pas d’autres choix que de devoir les supporter durant des heures, le temps que les effets de la drogue se dissipent.  
Souvent, cela est déclenché par des expériences non voulues comme des hallucinations désagréables, on se sent alors hors de contrôle et angoissé de « devenir fou ». Ainsi, l’état d’intoxication du à la drogue qui semblait au départ souhaité devient intensément indésirable.
 
Et cela nous ramène autour de notre définition de départ du piège: lorsque nous sommes dans une situation où l’on ne voudrait pas être et pour laquelle nous ne voyons pas d’issue acceptable.
Si cette situation n’avait pas été indésirable, Cody aurait expérimenté joyeusement les effets de la drogue et n’aurait pas eu d’ attaques de panique. En effet, faire redescendre les gens de mauvais trips de drogues consistait (très commun dans les années 70 et 80) à les persuader de ne pas résister aux effets de la drogue. Ils étaient à la place encourager à simplement laisser l’expérience se dérouler jusqu’à sa fin.

AINSI, LE PIEGE CESSAIT D’EN ETRE UN, PARCE QU’ILS AVAIENT CHANGE LA PREMIERE MOITIE DE L’EQUATION- LE DESIR DE S’ECHAPPER.
 
Une de mes premières patientes a traversé différentes étapes en thérapie dans l’apprentissage des pièges. Au début, elle a appris quel était son principal piège (appelons le, le “piège de sa vie”car c’est le piège dans lequel toute sa vie était emprisonnée). Avec beaucoup de difficultés, elle a réussi à en sortir. Après cela elle a traversé un moment avec des bonnes et des mauvaises semaines. Depuis que nous avons su qu’elle n’était plus dans le “piège de sa vie”, la diminution des attaques de panique a signifié qu’elle était rentrée dans de petits pièges quotidiens.  
"Comment as-tu été piégé aujourd’hui?” lui demandais-je. « Je n’ai pas été piégé” avait-elle l’habitude de répondre au début. « Les attaques de panique sont juste arrivent à n’importe quel moment"  

Il était alors nécessaire de procéder à l’analyse de la semaine, jour après jour. Qu’avait-elle fait Lundi ? Avait-elle voulu faire ce qu’elle avait fait ? Avait-elle fait des plans pour lesquels elle était très mal à l’aise ? S’était-elle permise à elle-même d’être poussée dans un engagement ou être allée quelque part où elle avait vraiment souhaité s’échapper? Avait-elle des gros ressentiments sur quelque chose?  Sentiments qu’elle ne pouvait ou ne devait ressentir et exprimer ?
Et Mardi? Non? Pas de pièges? Et Mercredi?…

Un jour ou l’autre nous aurions découvert de quoi il s’agissait. Ensuite nous aurions découvert  une issue à ce piège et l’attaque de panique aurait stoppée. Et la fois prochaine où elle serait venue en ayant une mauvaise semaine, nous aurions recommencé le même processus, encore et encore. Mais à chaque fois elle en apprenait un peu plus sur ses pièges, où ils étaient et comment en sortir. Et elle apprit ce qu’était vrai pour elle était vraiment.
 
Cela n’a pas pris beaucoup de temps avant qu’elle ne vienne en ayant une mauvaise semaine et je pouvais simplement demander: “Alors comment as-tu été piégée?”  Elle en savait assez pour être capable d’examiner elle-même sa semaine et de trouver quel était le piège et comment gérer au mieux cette situation. Nous étions alors proche du point final de notre traitement. Après cela, quand elle avait des attaques de panique, elle se demandait: “ Comment me suis-je mise dans ce piège ? » Et elle pouvait s’en rendre compte elle-même . Elle franchissa la dernière marche quand elle développa la capacité à « voir un piège arriver »- elle ne se serait pas autorisée à se mettre dans une situation qui se serait avérée un piège pour elle.

Et puis ensuite ? Succès ! Plus d’attaques de panique! Qu’est-ce que vous en dites ?
 
Plus à venir dans les futurs chapitres sur comment identifier et sortir de pièges.

Je vous souhaite paix et progrès.

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